Littéraire pour quoi faire ? Blog littéraire et alors ? (par Junain Lavillet)

Ecrire pour crier

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Bien que l'on retrouve le rire et le cri dans écrire, je dois avouer que j'ai plus souvent user de l'un que de l'autre en couchant mes mots sur le papier.  Le cri me renvoyait à une douleur secrète, intime, une plaie profonde, toujours ouverte et l’écriture me permettait d'en racler la surface purulente, d'en supprimer la partie infectieuse qui hélas se reformait aussitôt...

Pendant des années, j'ai écrit sans vraiment savoir à quel besoin impérieux répondait cette activité hors-norme. C’était juste plus fort que moi. Il fallait que j’écrive, ça m’était important, pour ne pas dire vital. J'écrivais très tôt le matin, très tard le soir, de façon frénétique, parfois comme en transe, happé par l'énergie et les sensations grisantes que l'acte d'écrire suscitait chez moi. L’écriture me libérait, la liberté est excitante par nature, car on jouit mieux sans entraves. Les miennes étaient si profondes.

Il y avait une flopée de mots venus de nulle part qui se déversaient en torrent sur ma feuille, c’était magique. Je fus toujours inspiré, j'avais toujours quelque chose à dire, car je puisais toute mon inspiration dans une veine noire semblant inifinie qui descendait très loin en moi jusqu’à toucher un traumatisme d'enfance...

Aujourd’hui, je m’interroge:  est-ce que la créativité qui a pris chez moi la voie des mots serait une médecine du corps  pour pallier le mal ? Une réaction face à la souffrance,  c'est cliché, mais on crée souvent lorsqu'on a mal, à minima lorsqu'on a des problèmes, quels qu'ils soient... La création, l'oeuvre, c'est la réponse, le problème extériorisé, trituré, transformé, sublimé jusqu'à atteindre une forme méconnaissable, devenue totem, l'oeuvre peut accueillir la douleur et nous libérer. Dans nos œuvres habitent une partie de notre âme déchirée...

C'est contre ce mal que j'ai écrit, il fallait le juguler, l’empêcher de nuire. J'ai survécu grâce à mes mots, ceux que j'aurais aimé poser ailleurs que sur une feuille. 

Ecrire, ce fut ma façon de pleurer avant les pleurs. Ecrire, ce fut ma façon de parler avant de dire. L’écriture qui se branche à des canaux inconscients profonds savait pour mon viol...

J'ai été violé à un âge où le petit garçon que j'étais aurait dû seulement s'occuper de grandir et d'apprendre. J'ai appris une leçon funeste, toute ma vie en a été bouleversée.  Le petit garçon est resté bloqué en moi, il n'a plus jamais grandi. Ma vie a été suspendue près de 30 ans, 3 décennies de silence où je souffrais sans savoir de quoi. Durant tout ce temps, l’écriture m'a permis momentanément de lever cette charge, d'enlever cette pression intenable pour que l'espace d'un moment la pulsion de vie circule et cesse de s'étrangler...

L’écriture a été mon exutoire, ma douleur a pu trouver en elle une voie de sortie, s'écouler un peu comme un fluide nauséabond qu'on draine, une toxine qu'on évacue, mais il y en avait tant...  Dans mes romans, j'y ai distillé mon mal-être, mes angoisses, je peux relire chacun de mes livres, il y a une histoire au-delà de l'histoire,  une sorte de continuum tissé dans la douleur.

Dire qu'avant je pensais n'être qu'un ado romantique qui avait du spleen à l'âme juste pour frimer et ressembler à ses modèles... Je comprends mieux à présent pourquoi j'ai écrit des choses si noires. Il n'est pas exagéré de dire que l’écriture m'a sauvé quelque part....

Hier, l'écriture pour pousser un cri de douleur libérateur, vivre avec,
demain pour pousser un cri de révolte, raconter et dénoncer pour vivre sans.

Jamais sans l'écriture.

 

Roman à découvrir: Pourquoi tuer Danny ?

 

"Colin est un jeune garçon normal. Il aime écrire dans son journal et réfléchit beaucoup. Il a tué Danny aussi. S’il est un monstre, ce doit-être par erreur, car ce sont les autres qui l’ont façonné créant du désordre en lui. Aurait-il passé trop de temps seul à fouiller son cerveau ? Le mal est en nous, ou c’est les autres qui l’y mettent, reste à savoir ce que l’on décide d’en faire..."

 

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J'ai pris le temps de faire une petite révision d'un de mes romans en lui donnant un nouveau titre et une superbe illustration :-)

Vous pouvez le télécharger gratuitement ici (format PDF, environ 100 pages A4, ~55 000 mots)

 

 

Devenir un auteur-entrepreneur (1ère partie)

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J'entame une nouvelle rubrique et j'y ajoute d'entrée une confession de circonstances: je ne suis pas un "auteur-entrepreneur" (les Américains disent authorpreneur, j'ai bien tenté le auteurpreneur, mais ça ne sonnait pas si bien...). C'est dit.
J'ai une vision assez romanesque de l'écriture, un rapport romantique aux livres qui me renvoie toujours à quelques images poétiques, des clichés un peu moisis que j'adore; j'écris des livres, je me préoccupe assez peu de les vendre... C'est beau, c'est noble, ce serait tout à fait acceptable si dans mon rêve d'écriture, je n'avais pas enchâssé l'idée saugrenue d'en faire un jour mon métier...


Vendre des livres. Il serait temps d'y penser. Ce ne serait pas idiot, ne serait-ce que pour combler le déficit abyssal créé après 10 années de recherches pour se faire publier. Il me fallait une imprimante qui envoie du papier-minute, je n’avais pas de relieuse (et je trouve ça tellement chic les fournitures de bureau...) puis, il faut bien l'avouer, j'avais besoin de babioles à poser chez moi, pour que le visiteur puisse facilement identifier quel est mon rêve et ma quête d'une vie (j'ai enfin trouvé mon Underwood qui a 3 fois mon âge ! )...


De ce point de vue-là, je suis le hippie des lettres, plusieurs lignes accrochées à mes tripes, j'attends allongé sur l'herbe que quelques lecteurs (nécessairement avisés), veuillent bien me lire, je paresse, je suis nonchalant, j'aime les livres, les écrire, les vivre, être un auteur, quoi d'autre ?


Soyons honnêtes, même si je l'ai cru, je n'ai jamais entrepris grand-chose pour obtenir plus de lecteurs, faire plus de ventes, je ne suis pas l'ami du signe plus... C'est normal, la littérature, c'est pour moi l'antithèse des maths (je déteste les maths), je me méfie des chiffres et des calculs quels qu’ils soient. Je suis un sensitif, un sensible, un naïf, je crois à des choses amusantes: la chance, le destin, le talent... L'auteur-rêveur que je suis, doit se réveiller, si le réveil est difficile je n'aurais qu'à lui rappeler qu'en plus de 10 ans, il n'a gagné que quelques dizaines euros... de ma place au soleil, je n’en connais pas un rayon donc...


Pour bien faire, il faudrait consacrer autant de temps à écrire un livre qu'à le vendre, dit-on. Mon dernier livre, la revanche des timides m'a pris environ 3 mois... c'est donc le temps que je vais consacrer à compter d'aujourd'hui à la vente de ce livre... Une expérience que je ne manquerai pas de vous faire partager... après tout, il existe peut-être d'autres écrivains-rêveurs...
Si cela fonctionne, chiffres à l'appui, mon témoignage sera d'autant plus utile qu'il sera probant, car je suis et resterais un auteur-rêveur... D'ailleurs, je ne manquerais pas de vous vendre un prochain livre "Itinéraire d'un écrivain-rêveur devenu écrivain-entrepreneur", j’aurais alors tout compris, peut-être...

À bientôt

 

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